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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 19:27

Des nouvelles : voila un long poste que vous ne lirez peut être pas jusqu’au bout, mais que j’ai pris beaucoup de plaisir à écrire, inspirée par le calme d’Antécum pata, (comme j’avais pu l’être il y a quelques années dans les temples bouddhistes d’Asie du sud est). Ressourcée et détendue, je reprends la plume.

 

Un court passage à Maripa Soula.

 

Qu’évoque pour nous « Maripa Soula » ? Certainement pas le petit bourg méconnu pour le métropolitain, qui en réalité existe au beau milieu de la Guyane. Pour moi, Maripa, c’était avant tout un rêve d’enfant, un rêve de « bout du monde », des mes 10 ans, cela représentait l’inaccessible, l’invivable. Un nom exotique ou se mêlent des images de foret, de grandiose, un soupçon d’indien et une pincée de fleuve.

 

 

J’y suis allée à Maripasoula, et je vais vous raconter cela…

 

P1050404

Tout a commencé, perchée sur une pirogue, au départ de Grand-Santi, quand assommée et languissante, je laissais couler sur ma peau les rayons du soleil. De petites heures paisibles, qui ne laissent comme vue, aux yeux, que l’immense cloison végétale de chaque coté du fleuve, où, sur plusieurs dizaines de mètres de haut s‘entrelacent les verts et les jaunes. Une forêt dense, opaque, qui ne se dévoile pas au voyageur du fleuve. Un mur.

 

Le fleuve semble calme et s’écoule doucement, mais la pirogue ne cesse de contourner des rochers imaginaires pour la touriste que je suis. (Des pointes rocheuses nous menacent juste sous la surface, et les piroguiers s’appliquent à les éviter.)

 

 

Au cours d’un tournant, tout change. Le fleuve laisse percer de balaises cailloux, recouverts de mousse et le rose des salades coumarou. Mes doigts se figent dans le bois de la pirogue : Ca y est ! Les choses sérieuses commencent. Le takariste est aux aguets, il cherche le piège, le pic, l’obstacle ou le danger et guide le motoriste d’un sifflement ou d’un mouvement de bras. Le fleuve a blanchit et mousse même au cœur des tourbillons. Au fils des détours et des contours, nous franchissons en une heure, non sans quelques secousses un des plus gros sauts du Maroni : le CDD.

 

 

Il nous faudra encore 5 Heures de navigation apaisante, sous l’œil attentionné d’un soleil fourbe. Et nous voila : de loin, un château d’eau et des habitations… de prés, le dégradé et la vie classique qui va avec : quelques pécheurs de yaya plongent et remontent leur fil, en espérant attraper les poissons pour la soupe. Une poignée d’enfants jouent dans l’eau, tous nus et tous noirs. Un groupe d’hommes une bière à la main, et légèrement amochés par un trop plein d’alcool quotidien nous regardent décharger le bric à brac de la pirogue. Les femmes, solides et bien charpentées, lavent et relavent vaisselle et linges. Le tout est bercé par les bruits de moteurs, qui s’allument et s’éteignent au grès des arrivées et départs des centaines de pirogues qui accostent ici chaque jour.

pecheur de yaya, degrad maripa

 

Nous y voila, dans ce village du bout du monde de mon enfance. Je le touche du doigt. Son image a changé en moi, depuis que j’entends parler de vols, de violence, de haine et de racisme. Vais-je être déçue, à quoi ressemble vraiment mon rêve?

A l’issu de mon séjour ici je dois dire, qu’il ne s’agit plus du tout d’un village, mais d’une bourgade désorganisée, bruyante et vivante. Une ville étonnante, où les quads énormes doublent une Twingo arrivée là par miracle. Sur la route principale, qui monte sur la colline ensoleillée, il faut rester sur ses gardes : les véhicules, bien qu’une poignée au final, se bousculent et se faufilent.

 

 

Les gens qui me saluent sont tous différents : j’ai enfin approchés ces fameux indiens, qui se déplacent en petite famille : le papa aide l’ainée à marcher, la maman trimballe le dernier dans sa bandoulière. Ils reviennent surement du dispensaire, perché tout la haut.

Ces hommes noirs, grands et forts, qui émettent un drôle de bruit sur mon passage, qui se veut attirant, entre un gargouillis et un sifflement, sont des noirs marrons, essentiellement de l’ethnie des Bonis.

Ces femmes, habillées tout moulant, plus ou moins claires, plus ou moins sveltes sont les brésiliennes. Elles sont arrivées en masse ces dernières années, avec leur compagnons les orpailleurs. Ca je ne m’y attendais pas, il y a tellement de brésiliens ici. L’orpaillage, ça carbure, et ces hommes, sans foi, ni loi sont bien présents, et sont dorénavant à prendre en compte dans la population guyanaise.

Tous ces gens, de toutes les couleurs, aux multiples langages, éduqués sous des cultures différentes, je les ai côtoyés pendant 6 semaines. Et quelle richesse ! Quelle leçon pour nos préjugés et nos principes !

Maripa Soula, sa force? C’est ce melting pot, qui fatigue les oreilles et épate les yeux.

Au fil de mon séjour ici je me suis enfoncée encore plus loin, chez les indiens, je vous raconterai aussi.

 

 

Merci aux gens de Maripa, d’avoir préservé mon rêve : oui ce lieu haut en couleur est fantastique et mérite le détour. Au cours de mon séjour ici, vous m’avez offert de bons fous rires, des crises de nerfs, et des larmes d’émotions

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 guyane 027

Une équipe d’infirmiers et d’infirmières dynamiques, pimpantes, vivantse, enrichies par les différences de tous ces professionnels qui débarquent d’Europe, et qui sont si tolérants. Je n’oublie pas les ASH, AS, Médecins, secrétaires, vigiles, qui, malgré les centaines de blancs qui passent ici, ont sympathisé avec la sage-femme de passage. Merci de m’avoir fait confiance, et je n’ai qu’un seul souhait, être à nouveau parmi vous dans quelques mois !

Quoi qu’il en soit je pars d’ici, la boule au ventre et la larme à l’œil. Fière du chemin accompli, fière d’aller au bout de mes rêves, émue par ces rencontres qu’elles soient culturelles, linguistiques, culinaires et professionnelles.

A bientôt pour de nouvelles aventures, je ne sais où, je ne sais quand…

 

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Published by lolo - dans Guyane 2010
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